Compte rendu du stage de chant suivi à Bracchio en mai 2001, de
Gabriella BORGHETTO. #
retour aux articles
Je pratique depuis quelques années le yoga et
le aikido.
Quand j'ai commencé, je me suis tout de suite rendue compte que
certaines "asanas " (positions) amélioraient la qualité
de ma voix, et également qu'il y a des cycles de séquences
particulièrement propices. Après un séminaire intensif
de aikido, ma voix s'est encore améliorée.
Donc quandj'ai lu le livre de Serge Wilfart "Le Chant de l'Ftre ",j'ai
décidé queje voulais essayer sa méthode.
Il y avait un seul point sur lequel j'étais perplexe je n'aime
pas l'opéra du XIX siècle, à l'exception de Wagner
et de quelques ouvrages français, que d'ailleurs je n'ai jamais
souhaité chanter.
Peut-être par réaction au fait que le répertoire qu'on
travaille dans l'enseignement en Italie est limité, je préfère
la musique de chambre et la musique d'église de toute époque,
et je suis curieuse des techniques vocales plus amples (étendues
?) de la musique contemporaine, et de la vocalîté des pays
extra-européens.
Je craignais que la méthode de Serge Wilfart visait à former
le chanteur uniquement dans le répertoire lyrique du XIX siècle.
En effet au début les voix si puissantes de ses élèves
et leur façon de chanter toujours "forte " pendant les
exercices, si d'un côté suscitait en moi beaucoup d'admiration
pour sa grande qualité, due à la richesse d'harmoniques
et à l'expressivité "viscérale", de l'autre
côté éveillait en moi une certaine résistance.
Mais quand j'ai entendu Régine, une élève qui comme
moi était à sa première expérience, chanter
" Morgen" de R. Strauss au troisième jour du stage, je
n'ai plus eu de doutes.
J'ai trouvé également très positif le climat qui
se crée, en fait très semblable à celui des stages
auxquels je participe avec mon groupe de méditation. Ceci n'est
pas dû uniquement au sérieux du travail effectué,
que l'on peut constater dans l'attention minutieuse et dans le respect
de chacun (ceci devrait aller de soi, mais malheureusement aujourd'hui
ce n'est pas toujours le cas), mais surtout au fait que l'on peut vraiment
" sentir" le groupe.
Celui qui s'approche à ce genre de travail doit avoir, bien sûr,
le courage de se remettre en question, mais il trouve un guide "
solide" dans le Maestro, aidé par un groupe de personnes d'une
extrême disponibilité.
La chose extraordinaire est que rien qu'en quatre jours de stage on arrive
à des résultats surprenants. Combien d'années de
yoga ou de aikido auraient fallu pour que je puisse m'approcher ne fut-ce
qu'en partie aux résultats obtenus en si peu de temps?!
Ma voix est devenue plus profonde, plus ronde et plus sombre. Il est évident
qu'un seul stage ne suffit pas pour devenir autonomes, et chez soi, même
si le progrès est là, on n'arrive pas à travailler
sur soi en obtenant les mêmes résultats.
Pendant les "épreuves" dans ces positions tellement inconfortables,
on a vraiment l'impression de chanter par ses " tripes", et
dans la concentration qu'on atteint, qui n'est pas purement mentale, la
lucidité et la présence augmentent, la qualité de
la prestation s'améliore et on a vraiment l'impression d' "être
chanté". Ceci je l'ai remarqué en moi même quand
je passais, et chez les autres quand je les observais. Les participants
n'étaient pas tous au même niveau, mais chacun arrivait à
donner le meilleur de soi même et, mise à part la différence
de niveau parmi les élèves, les meilleurs résultats
étaient obtenus quand la personne arrivait à cet état
particulier dans lequel chacun fait exactement ce qu'il doit, sans y mettre
rien de plus ; il se laisse simplement chanter.